Si loin, la mer...
La mer en robe bleue et sa frange d'écume
si loin
que son chant assourdi ne passe pas les dunes
La mer et ses odeurs de sel, d'algues, de liberté
une histoire du passé
quand nous courions sans fin sur la grève déserte
La mer et nos fragilités
des petits bouts d'enfance dessinés sur le sable
des pages, des images aux couleurs délavées
La mer comme un jardin peuplé de mille oiseaux
caressant tout l'espace
entre le ciel et l'eau
La mer comme deux bras pour nous bercer d'amour
recueillant au passage les ombres des déchirures
La mer, si loin
puis la nuit , cet ailleurs du silence
offrant soudain au monde
comme un semblant de paix
Au petit jour
Ce jour s'est levé sur une mer étale
sans toi
sans nos pas du matin sur le sable mouillé
quand les premiers rayons enflamment le silence
écoutant le tempo des vagues assagies
Le jour s'est levé comme un cadeau du ciel
avec des gens qui rient, avec des gens qui pleurent
Hier
nous avancions masqués sur ce chemin terrible
où il faut se quitter
quand nos bras sont restés
muets comme la pierre
quand les mots sont perdus
quand la musique s'arrête
sous l' ombre des oiseaux
et toutes les roses blanches
celles que tu aimais
Pour Sylvie
14 mai 2020
Dos à la mer

Photo de l'île octobre 2019, dos à la mer
Il s'en va le soleil
il n'entend plus la mer
bourdonner sa marée
ni les vagues jouer sur les rires des enfants
Ici tout va s' éteindre
les mouettes ne rient plus
les pins ont pris le deuil
et cela fait des jours
que le coeur des vivants déserte la lumière
Il se noie le soleil
à l'horizon meurtri par toutes nos écorchures
Le sable a pris sa peau d'hiver
bleuissant sur les dunes
Quand nos blessures seront guéries
nous passerons le jour la nuit
à regarder la mer
en tournant d'autres pages
de Vie
Dans le secret des vieilles pierres

Dimanche 27 avril 2020
Ce n'est pas la fête des dimanches
ce jour est habillé de gris
Les pierres s'effritent sous les cendres
les fenêtres ont l'odeur du silence
la porte ne clôt plus les chagrins
Dans le secret des murs rongés
se dévident des histoires éternelles
des rires d'enfants de longs conciliabules
des senteurs de lilas et de gaufres mêlées
La vie courait là en bouquets de poèmes
de joies d'amour, de secrets effleurés
Le temps a emporté la vague des souvenirs
l'absence a habillé les ruines de leurs empreintes
Ce n'est pas la fête des dimanches
c'est une image qui nous retient
et nous enferme dans sa cage
avec son cortège d'émotions
Dans l'ouverture du jour

Un voyage immobile
pour aller bien plus loin
Une trêve dans l'ouverture du jour
quand déferlent les vieux rêves
aux odeurs de la terre, de la mer peu lointaine
Sourire
comme ces ronds dans l'eau
qui se jouent de l'instant
Ecouter chanter le vent
dans sa danse d'océan
murmurant entre les pins
et laisser flotter le temps
L'envol
Merci Annette pour ce magnifique envol ( clic)
Terre eau lumière
dans le charme de cette heure
s'accorde un duo
Au plus près du regard
les eaux mouillées d'argent
l'envol gracieux des cygnes sur les frissons du soir
Terre eau lumière
cette trêve dans les blessures du jour
quand les pensées se posent
sur des chemins choisis
Terre eau lumière
libres et majestueux
la danse de la vie
jusqu'au bout de leurs ailes
Un voyage hors du temps
Un peu plus loin, là-bas
les glycines m'attendent.
Ici, " l'exil " a le parfum léger
des lilas mauves en fleurs,
leurs effluves sucrés suspendus
aux jardins printaniers regorgeant de beauté.
Un voyage hors du temps
du vécu, des silences.
Un pas, des pas,
une deuxième naissance
à chérir l'essentiel .
Merci Mona
La matinée s'échappe
Le chant de la vie
Son murmure,
c'est une joie qui chante
un matin sur la terre
où les voiles du deuil assombrissent le jour.
Paisible et lumineux
il va sa vie
dans le sablier d'argent
à l'éternelle histoire
du temps qui fuit.
Insaisissables instants
où l'on veut retenir le silence suspendu
aux ailes des demoiselles
aux aulnes en bourgeons
à ce rêve impossible
de vaincre le poison
quand l'on voudrait hurler sur la malédiction.
Mais la force de la vie
qui bat, lutte, résiste
repousse l'échéance
de ce monde en péril.
Et il coule toujours, le ruisseau impatient
d' aller plus loin
écrire
une page nouvelle.
3 avril 2020






