Belle de nuit
Petits ou grands bonheurs
Un pont du Château d'Oléron
Parfois le jour réjouit le promeneur
dans une drôle de rencontre où accrocher son rêve.
L'enfant sourit: " tous mes rêves ? "
Juste un souhait écrit aujourd'hui sur une coquille d'huître !
Tu sais,
les petits ou grands bonheurs
seront pour demain ou plus tard,
balancés au gré du vent,
des saisons, du bon vouloir de la ficelle de chanvre.
Tous ces voeux se tiennent chaud
fraternisent sans doute ou murmurent en secret.
Le pont des rêves
c'est des bouffées d'espoir, des notes de joie,
la musique qui danse le chant des coquillages
et puis un long voyage pour rejoindre l'océan ...
Vite, "écris ton rêve et confie le au temps !"
Pour Léa
La fuite du bleu
L'océan à Moliets et Mâa, près du courant d'Huchet
Il est parti au loin,
son chant s'est assoupi nous laissant démunis
tout juste quelques heures,
le temps de mesurer tout le vide laissé,
silence
immensité.
Un long temps pour rêver à la fuite du bleu,
aux voyages immobiles,
aux nuages qui passent,
aux pages de nos vies ....
Etranges écritures
Entre ombres et lumière
le chemin des pinèdes
un aller vers la mer.
Sur la peau du sentier
des liens de nuit y tissent
la carte éphémère
d' un monde inanimé.
Etranges écritures dispersées par le vent
le sable de nos pas, la poussière du temps
Enigmes ou messages:
avancer vers le tendre
rejoindre le meilleur.
Sentinelles
Le passage
" Il y a un passage dans l'enfance où l'on devrait noter tout ce que l'on dit, car tout est sage et lumineux ."
Philippe Labro / Manuella
Nous courions légers, rieurs, vers cette impatience de liberté, de soleil, d'amitié.
De la joie plein nos poches et les frissons au corps
dans les hautes herbes des prairies en fleurs.
Des envols d'enfants-joie, découvreurs de la vie,
des jeux de la rivière, des cabanes feuillues.
Des rires et des chants, des trésors sublimés,
des froissements de l'air dans ces heures rayonnantes,
et une certitude,
nous étions si Heureux !
Le chant des lavandières
J'ai poussé la porte du passé
écouté cette eau calme et limpide
où nulle voix ne vient troubler l'espace
où nulle main ne vient battre le linge
C'était un jour de soleil
sans paroles et sans chants
sans rires et sans mélo
une vague de gris, soudain !
Cette si longue absence
au bord du vieux lavoir !
Gratitude
Vers la pointe de l'île d'Oléron
Un livre ouvert à la page du bleu
à ses rivages tendres
de galets blancs où vient mouiller l'écume
Un chant du crépuscule
comme un bouquet d'oiseaux
un adieu des nuages sur le fil d'horizon
J'entends les pas de mer
en chuchotements doux
comme remerciements aux âmes de passage
Raconter ses silences
les fleurs à peine ouvertes
sur les flancs de son île
ses bleus mêlés de blanc, de solitude,
de paroles envolées sur la crête des vagues ...
Un simple élan du coeur !
***
Le silence de la mer
est un murmure léger
qui ouvre
les portes de la contemplation
sur des mélodies d'ailleurs
La mer a des silences
où rougeoient encore les braises de l'enfance
à l'orée des souffles de vent
Marie
Mon plus que centenaire
Résiste !
malgré tes blessures béantes
ta cuirasse évidée, meurtrie par les années.
Chaque printemps, je viens cueillir les premiers signes de ton éveil.
Sur ton vieux tronc fatigué, je guette le plus petit bourgeon
les premières fleurs, les premiers parfums.
Un miracle de vie s'insinuant dans tes veines profondes
la chanson de la terre courant jusqu'à la cime.
Mon arrière, arrière grand-père laisserait sans doute éclater sa joie
pour cette force qui te propulse à travers les ans,
car tu portes l'empreinte de ceux qui t'ont planté .
Résiste,
ils vivent un peu en toi !
****
Mon arbre est cette harpe où joue frivole, le vent
effeuillant une à une
les pages de mon livre de vie.
Marie
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L'arbre est beau de tout ce qu'il porte
les souvenirs gravés au creux de son écorce
l'arbre est beau des liens créés avec l'humain
de génération en génération il nous tient la main
Présence vivante au jardin de vie de nos anciens
abécé









