Le passage
" Il y a un passage dans l'enfance où l'on devrait noter tout ce que l'on dit, car tout est sage et lumineux ."
Philippe Labro / Manuella
Nous courions légers, rieurs, vers cette impatience de liberté, de soleil, d'amitié.
De la joie plein nos poches et les frissons au corps
dans les hautes herbes des prairies en fleurs.
Des envols d'enfants-joie, découvreurs de la vie,
des jeux de la rivière, des cabanes feuillues.
Des rires et des chants, des trésors sublimés,
des froissements de l'air dans ces heures rayonnantes,
et une certitude,
nous étions si Heureux !
Le chant des lavandières
J'ai poussé la porte du passé
écouté cette eau calme et limpide
où nulle voix ne vient troubler l'espace
où nulle main ne vient battre le linge
C'était un jour de soleil
sans paroles et sans chants
sans rires et sans mélo
une vague de gris, soudain !
Cette si longue absence
au bord du vieux lavoir !
Gratitude
Vers la pointe de l'île d'Oléron
Un livre ouvert à la page du bleu
à ses rivages tendres
de galets blancs où vient mouiller l'écume
Un chant du crépuscule
comme un bouquet d'oiseaux
un adieu des nuages sur le fil d'horizon
J'entends les pas de mer
en chuchotements doux
comme remerciements aux âmes de passage
Raconter ses silences
les fleurs à peine ouvertes
sur les flancs de son île
ses bleus mêlés de blanc, de solitude,
de paroles envolées sur la crête des vagues ...
Un simple élan du coeur !
***
Le silence de la mer
est un murmure léger
qui ouvre
les portes de la contemplation
sur des mélodies d'ailleurs
La mer a des silences
où rougeoient encore les braises de l'enfance
à l'orée des souffles de vent
Marie
Mon plus que centenaire
Résiste !
malgré tes blessures béantes
ta cuirasse évidée, meurtrie par les années.
Chaque printemps, je viens cueillir les premiers signes de ton éveil.
Sur ton vieux tronc fatigué, je guette le plus petit bourgeon
les premières fleurs, les premiers parfums.
Un miracle de vie s'insinuant dans tes veines profondes
la chanson de la terre courant jusqu'à la cime.
Mon arrière, arrière grand-père laisserait sans doute éclater sa joie
pour cette force qui te propulse à travers les ans,
car tu portes l'empreinte de ceux qui t'ont planté .
Résiste,
ils vivent un peu en toi !
****
Mon arbre est cette harpe où joue frivole, le vent
effeuillant une à une
les pages de mon livre de vie.
Marie
****
L'arbre est beau de tout ce qu'il porte
les souvenirs gravés au creux de son écorce
l'arbre est beau des liens créés avec l'humain
de génération en génération il nous tient la main
Présence vivante au jardin de vie de nos anciens
abécé
Une si longue histoire...
clic sur l'image
Combien de tours de roue, de sueur et de larmes
de grincements discrets, de grelots fatigués
sur les chemins pierreux, sous les aubes pluvieuses,
pour venir s'échouer sur un roncier sauvage
enserrant de ses griffes les cendres du labeur,
le geste du charron, la peine de chaque heure,
le bleu à peine délavé
accrochant aux matins un zeste d'insouciance ?
Combien de mains calleuses, de corps un peu voûtés
ont conduit pas à pas sur des sillons fertiles
la charrette grinçante à l'écho de leurs os ?
Une si longue histoire
un chapelet de vies
d'images sobres ou gaies des heures laborieuses
qui s'éteignent un jour
sous la pluie et les vents
l'oubli
l'indifférence !
Balaline mars 2019
Le lierre a pris sa part au temps
Temps défleuri, meurtri
J'entends le chant des hommes heureux
" Et au milieu ..."

dans cet apaisement des instants où le silence inonde
les herbes folles de l'hiver,
longs cils dorés en berceuse tendresse,
coule, roucoule le petit ruisseau forestier.
Images blondes de sable fin, d'oyats, de clarté matinale,
marcher à ses côtés est pur délice.
C'est la musique du matin glougloutant près du sentier,
les rides d'eau courant dans la lumière,
la poésie d'un jour de joie cueillie au plus près de la vie .
****
"... J'ai longtemps cru que c'était l'eau qui était au commencement de tout, mais si tu écoutes bien, tu t'apercevras que sous l'eau il y a déjà les paroles ."
" Au milieu coule une rivière " Norman Maclean
Merci Léone du partage
Un dimanche au soleil
Plage du petit Nice , près de la dune du Pilat , le 17 mars 2019
Tant de bleu, de blanc et d'océan
de sable blond et de bouquets d'oyats
de chants bercés de vent
de danse et de cadence
presque un rêve éveillé
et pourtant...
au-delà du moutonnement mousseux des vagues
des fleurs d'écume en course sur la grève
de cet espace immense et lumineux
se profile une marée noire.
Un oiseau marin gît sur la plage, abandonné.
Là-bas,
Un souvenir de pluie
Un souvenir de pluie à la pointe du jour
Une offrande muette à l'odeur de blé tendre, d'herbes effarouchées et d'arbres dénudés
Une danse cristalline dans la blanche lumière
Une goutte d'or blanc
Un murmure ténu,
une semence,
ce voyage silencieux jusqu'au ventre de la terre
se glisse en sève nourricière








