La jeunesse a soif de découvertes, de liberté et de rencontres. Le temps de l'insouciance, de l'amitié, des projets un peu fous. Entre cours et escapades, le monde semblait nous appartenir.
Toulouse, la Ville Rose, son Capitole, le canal du midi et les berges de Garonne, son patrimoine et sa gastronomie, déjà un peu le sud et son accent chantant, sa gaieté, nos sorties estudiantines, bercées par le jazz de Nougaro.
Paris bien sûr et ses merveilles, plurielle, moderne, cosmopolite, tant de coups de coeur à engranger, à faire briller les yeux.
Puis Bordeaux, entre mer et montagnes, ville d'art et d'histoire, capitale mondiale du vin, plus austère, plus bourgeoise aussi.
Musées et concerts
Légèreté de l'être
La vie devant nous
J'ai choisi aujourd'hui de vivre dans mon refuge nature, loin des bruits discordants, du tumulte, de la foule, de la pollution. Un retour aux sources où les saisons chantent pleinement, les oiseaux aussi, les insectes y bourdonnent, tout ce petit monde vit en harmonie dans la quiétude ambiante.
Comme un retour à une enfance joyeuse où tout semblait possible, les jeux en totale liberté, les chemins buissonniers, nos partages d'écoliers, cette part précieuse de contemplation et d'émerveillement.
Un rêve secret
Cet autre choix de vie
Harmonie en vert
Des gouttes bleues se glissent dans la canne d'acier, sous le souffle puissant, le ballet incessant des gestes et des doigts, sous la dextérité du maître verrier.
Des bulles en fusion, colorées, sculptées, presque vivantes, fascinantes dans leur transformation.
Des jeux de lumière sur la pâte en fusion qui s'étire, s'étire , joue avec la transparence et ses formes, effilées, arrondies, légères et malléables.
De la pâte de verre
sous la magie d'un souffle
une création d'art
Ce fût un chapeau bleu, le chapeau des dimanches, où le soleil y joue ses reflets d' océan, de ciel azur, par la fenêtre ouverte.
Souffleur de verre
Ce voyage couleur mer
né de grains de sable
Mathilde, c'est toi ? Où te caches-tu ? Je n'entends que ta voix, lointaine, lointaine.... J'ai beau chercher de tous côtés, je ne te vois toujours pas . Serait- ce un jeu de ta part? A ton âge voyons, tu joues à la petite fille perdue, celle qui s'est égarée à la croisée des chemins mais je sais pourtant que tu ne bouges plus guère de ton fauteuil, que tes jambes refusent les pas.
Je m'approche maintenant de ton vieux banc de bois, celui que tu aimais tant, celui qui t'a connue adolescente écoutant tes premiers secrets, vos doux baisers, les promesses et les projets échangés.
Un feu de paille
coule le temps des amours
son soleil l'a blessée
Marchant, j'ai cru voir une ombre, légère comme un voile soyeux, un joli reflet qui soudain se pose sur le vieux bois grisé. Ce petit signe du soir semblant deviner mes pensées m'a guidée jusque là, ton banc Mathilde !
Et là, sur cette vieille planche usée, une feuille d'automne s'est délicatement posée et devine ? Ce n'est pas une ombre mais bien le contour d'un visage qui vient réveiller la douceur du soir. Un petit bout de vie qui a vécu là des heures merveilleuses s'est incrusté là, narguant le destin.
Un trait à la plume
saluant un parcours de vie
émotion palpable
Il aimait tant danser, c'était une de ses passions de sa vie, de ses jours convalescents entre deux traitements, de tout l'espoir qu'il mettait dans son éventuelle guérison !
Récupérer quelques forces d'abord, puis retrouver l'assurance de ses gestes, sa silhouette
élégante, son maintien parfait, cette préparation minutieuse lui permettant bientôt de se réapproprier son corps avant d'enlacer sa compagne et de s'élancer sur la piste en assumant
le plus possible toutes les danses.
J'aimais les voir valser, " tangoter ", swinguer, j'admirais leur merveilleuse harmonie, à la fois
gracieuse, inventive, unique.
Il semblait si loin de sa maladie tout à coup, juste dans la musique, leurs corps offerts aux
rythmes, les mauvaises images reléguées à l'oubli.
La musique s'anime
Oser braver cette nuit
le mal en sourdine
Cela peut paraitre incroyable mais pendant presque vingt ans, il a continué de danser, se relevant de ses souffrances, toujours combatif, animé par cette volonté de revivre ces émotions, ce semblant d'ivresse qui enveloppe le corps et le propulse vers l'irréalité.
Un monde à part dans un rêve d'espace, de bien être, d'ouverture à tous les possibles, un voyage au-delà du malheur.
Balaline
31/01/2025
" Cette fête du corps, devant nos âmes, offre lumière et joie."
Non, Armance ne se cache pas derrière le rideau, elle soulève à peine le voile du premier jour de l'an nouveau.
Ce matin le ciel est un peu triste, le jardin défleuri, le silence pesant, les oiseaux assoupis, serait-ce de bon augure pour une année entière ?
De longues heures durant, de semaines en saisons, à espérer, se réjouir ou s'apeurer, à attendre le meilleur, à vivre dans l'insouciance, à récolter quelques petits bonheurs ou à souffrir dans l'ignorance d'un monde perdu d'avance ?
Une page à écrire
pour cet autre royaume
à l'amour enchanteur
Il lui reste ses rêves protégés, au secret, chaque souhait bienveillant qu'il lui tarde d'offrir, ses espoirs un peu fous d'un monde pacifique.
Elle voudrait être peintre pour colorer les jours, raviver les couleurs des quartiers un peu tristes,
partager le vert de nos forêts, l'ambre de la résine, les bleus de l'océan, l'or doux des mimosas, l'ocre des dunes sableuses, les parfums des jardins, les sourires des passants, la lumière joueuse dans les yeux des enfants .
En attente fébrile
de regards, de partages du merveilleux naissant
aller de jour en jour cueillir les secrets de la Terre